De réforme en réforme, les perspectives d’une retraite dorée s’amenuisent. En 2008, pour recevoir 300€ par mois à partir de 60 ans, il vous fallait avoir cotisé 100 000€. L’espérance de vie augmentant, dans dix ans il vous faudra avoir cotisé plus encore. Face à ce risque, une solution de repli est possible : le viager.
Face à l’inquiétude, le collectif marque des points
Pris au dépourvu, les Français souhaitent majoritairement que le gouvernement adopte des mesures pour renforcer l’épargne dite de retraite collective plutôt qu’individuelle. La majorité des Français préfère le Perco au Perp ou au contrat dit Madelin.
Le Perp, en tant que Plan d’épargne retraite populaire, a séduit, selon Philippe Crevel, secrétaire général du Cercle des épargnants, plus de ” 2 millions de personnes, dont la moyenne d’âge est proche de 35 ans “. Au 30 septembre 2008, les encours des Perp s’élevaient à 3,8 Mds€, contre 1,8 Md€ pour le Perco. Cependant, les titulaires de certains types de Perp pourraient perdre leurs avantages fiscaux dans trois ans si les distributeurs ne parviennent pas à collecter 10 M€ auprès de deux mille adhérents au minimum.
Renseignez-vous bien avant de souscrire un tel produit, d’autant que les mesures destinées à mettre en avant l’épargne collective fleurissent. Les employeurs sont ainsi autorisés à effectuer un versement au titre de l’amorçage, même si vous ne faites rien. Certains sourient et se demandent : ” Mais pourquoi diable les entreprises feraient une telle BA ? ” La réponse est simple : les difficultés pour licencier des seniors vont s’amplifier.
Désormais, aucun salarié ne pourra être mis en retraite avant l’âge de 70 ans. Aussi, selon Jacques Barthélemy, avocat-conseil en droit social, aider ses employés à augmenter le pécule de leurs vieux jours est ” une incitation à les voir partir d’eux-mêmes un peu plus tôt “. Pour les indépendants, certaines mutuelles, comme la Mutuelle nationale de retraite des artisans, proposent les contrats Madelin.
” Ils achètent des points, qui, chaque année, sont revalorisés, explique Philippe Bollecker, secrétaire général de la MNRA. Et, tous les ans, nous garantissons un rendement minimal de 2%. ” Un taux proche de celui du Livret A, sans limite de plafond. Contrats collectifs ou individuels, il faut savoir que, pour recevoir près de 300 € par mois à partir de 60 ans, en 2008, il aura fallu avoir mis de côté plus de 100 000 €. Si l’espérance de vie des hommes et des femmes continue à augmenter, dans dix ans il faudra plus encore.
Les solutions individuelles, une garantie de plus
Les plus prudents décideront donc de se créer une réserve complémentaire. À ce jeu-là, les fourmis françaises adorent l’assurance vie. Produit d’épargne à long terme, intéressant sur le plan fiscal au moment de la sortie, l’assurance vie permet de disposer d’un capital ou d’une rente. Au choix. Mais il faut se décider au moment de la souscription. Si vous optez pour la rente, ce sera définitif.
En clair, même si vous n’avez pas utilisé l’ensemble de votre capital avant de mourir, vos héritiers ne récupéreront rien. Une parade : vous pouvez toujours souscrire une option de réversion. C’est-à-dire qu’une personne de votre choix recevra votre rente après votre décès. Mais, si celle-ci meurt avant vous, votre pension s’en trouvera amoindrie pour rien.
Selon Philippe Crevel, ” la rente, en ces temps incertains, est un plus. Le capital s’effondre. ” Il n’empêche, les Français préfèrent retrouver leur capital. La crise a peu de chances de les faire changer d’avis, tant la logique de transmission est importante en France.
Les assureurs l’ont bien compris. Mais, face à la réduction de leurs collectes de 12% en 2008, ils réagissent et sont de plus en plus nombreux à proposer des solutions protégeant le capital, y compris en cas de débâcle financière. Ils semblent être prêts à prendre des risques au profit de leurs clients. En apparence du moins, car Philippe Setbon, directeur général de Generali Investments, présent lors de la dernière journée du Cercle des épargnants, a affirmé que ” sur les marchés actions, nous sommes à un bon point d’entrée “.
Or, ” sur douze ans, confirmait Jean-Pierre Gaillard, spécialiste du secteur, il est prouvé qu’il n’y a pas de meilleur rendement que la Bourse “. À condition, peut-être, de savoir choisir ses valeurs. Car, à MoneyWeek, nous nous insurgeons contre cette idée reçue qui veut que, à long terme, on soit ” toujours gagnant “.
Si, toutefois, vous êtes échaudés par la crise, nous ne saurions que trop vous recommander de penser au système du viager. ” Nous nous sommes penchés sur le sujet, avec l’idée de comprendre quelle incidence pouvait avoir le viager sur la politique du logement, relate Corinne Griffond, rapporteur du Conseil économique et social. Mais, au fil de notre étude, nous nous sommes rendu compte que le viager était surtout une solution pour financer sa retraite. ”
Alors, bien sûr, le viager a mauvaise presse. Évoquer le concept fait sortir de leurs gonds tous les admirateurs du film de Pierre Tchernia. ” Tu ne trouveras aucun acheteur ! “, entendrez-vous. Faux. ” Nous avons plus de demandes que d’offres, rétorque Bruno Legasse, P-dg de Legasse Viager. Les personnes âgées sont mal à l’aise à l’idée de ne pas léguer quelque chose à leurs enfants. ”
Pourtant, avec son bouquet et sa rente, ” dans un partage sur mesure en fonction des besoins de chacun “, comme le présente Herbé Lapous, P-dg de Viagers Lapous, il est possible de conjuguer sérénité et transmission. Quid de la crise de l’immobilier ? Il y a fort peu de risques que dans dix, quinze ou vingt ans, votre bien ait réellement perdu de la valeur, surtout si vous faites attention à sa localisation et que vous l’avez acheté après la chute des prix.
Lire l’article du 26/02/2009 dans le numéro 22 de MoneyWeek >>
De nombreux Français connaissent et pratiquent le viager immobilier. Cependant, peu d’épargnants sont familiers avec le viager financier. Cette technique, dont les assureurs ont le monopole, présente un réel intérêt pour les personnes qui souhaitent bénéficier d’un revenu garanti à vie.
à partir du 28 janvier 2009
